Une bonne étoile
"Avant de devenir une "mauvaise herbe", la Bourrache était cultivée comme légume, mais aussi comme condiment et médicinale. Les Grecs et les Romains mettaient ses fleurs à macérer dans du vin parce que, disait-on, elle effaçait la tristesse. Au XVIIème et XVIIIème siècle, elle était cultivée sur de grande surface. Encore aujourd'hui, on la consomme régulièrement dans les pays autour de la Méditerranée : avec ses fleurs, on décore salades vertes et salades de fruits ; avec ses jeunes feuilles, on fait de délicieux beignets. Sa culture est d'ailleurs si facile...
Alors que l'utilisation alimentaire de la plante est connue de longue date, l'intérêt de sa graine vient tout juste d'être mis en avant par de récentes découvertes scientifiques. Des chercheurs viennent en effet de démontrer que l'huile de bourrache extraite de la graine était d'une richesse exceptionnelle en certains acides gras essentiels. Ces fameux acides gras essentiels sont indispensables à notre bonne santé. Or, à mesure que nous vieillissons, notre organisme devient incapable de les synthétiser... Parmi eux, l'acide gamma-linolénique assure à lui seul une bonne partie du renouvellement du tissu cellulaire, mais stimule aussi des phénomènes hormonaux et neurologiques ; enfin, il joue un rôle prépondérant dans les mécanismes de désintoxication des cellules...
Un véritable élixir de jouvence !
Très rare dans la nature (seuls foie et huile de poisson en contiennent) et quasiment absent du règne végétal, l'acide gamma-linolénique se trouve cependant dans quelques précieuses plantes compagnes, dont les plus connues sont l'Onagre et la Bourrache.
Si les mérites de l'huile d'Onagre sont reconnus depuis longtemps, ceux de l'huile de Bourrache, plus récemment découverts, devraient tendre à les détrôner : elle contient en effet au moins deux fois plus d'acides gras essentiels que son "aînée" (soit de 25 à 30 % !)...
Notre étoile du jardin est donc amenée à devenir une star de la phytothérapie !"
L'herbier oublié Bernard Bertrand